Les détritivores : premiers et indispensables habitants d’un bac récifal

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Dans l’océan une multitude d’invertébrés participent au recyclage des matières organiques et végétales.

Qu’ils soient mangeurs d’algues, de restes alimentaires, charognards ou scatophages, à pinces, à langue ou à pattes, ces petites bêtes contribuent grandement à la stabilité d’un bac récifal.

Donc dans cette nous allons vous donner des idées de populations de détritivores marins :

Bernards l’hermite

Bernards l'hermite d'un bac récifal

Dans les zones rocheuses de l’océan des nuées de bernards l’hermite s’affairent au nettoyage des algues qui colonisent les pierres.

Dans un bac marin ces mêmes BH (bernard l’hermite) vont participer à l’éradiquation des algues et des restes alimentaires. Bien sûr toutes espèces de BH ne sont pas indiquées.

En effet, beaucoup sont carnivores et de grande taille. Ils risquent alors de croquer certains habitants et endommager les coraux.

Parmi les espèces que l’on trouve couramment dans les boutiques spécialisées il faut retenir, de manière générale, que les bons BH sont ceux à pattes bleues et sans poils.

Voici deux familles que l’on peut conseiller car elles restent de dimensions modestes et sont de bonnes consommatrices d’algues :

  • Calcinus
  • Clibarius

Il faut à mon avis au moins un bernards l’hermite par tranche de 10 litres d’eau.

Dans le commerce, leur prix varie entre 2,5 et 5 euro. Il ne faut pas oublier de leur mettre des coquilles de rechange afin qu’ils puissent changer de maison en fonction de leur croissance.

Cela évite aussi les affrontements entre bernards l’hermite et les attaques envers les escargots. Des coquilles de bigorneaux achetées chez votre poissonniers ou ramassées sur la plage feront parfaitement l’affaire.

Crevettes

Crevettes d'un bac récifal

Les crevettes s’avérent moins indispensables que les BH. D’une part, leur prix est bien plus élevé (compter au moins 20 euro par individu), d’autre part elles se nourrissent principalement de restes alimentaires ou de parasites des poissons.

Je ne citerai ici que certaines membres de la famille lysmata:

  • Lysmata amboinensis : jaune avec une ligne rouge dorsale, s’accroche aux poissons afin de les nettoyer.
  • Lysmata debelius : magnifique crevette d’un rouge carmin avec des motifs blancs. exerce la même activité que la précédente mais avec moins d’assiduité.
  • Lysmata wudermani : crevette ayant la particularité de consommer les anémones de verre (aptasias) qui sont nuisibles en bac récifal

Enfin on peut trouver également la crevette stenopus hibidus (blanche et rouge à longues pinces). Cette crevette nettoie les machoires des gros poissons comme les murènes par exemple. Par conséquent elle ne risque pas de nettoyer les petits poissons !

D’autres crevettes comme les crevettes pistolets (alpheus) creusent des galeries dans le sable permettant aux sédiments de remonter. Elles sont à associer de préférence à des gobies symbiotiques.

Ophiures

Ophiures d'un bac récifal

Les ophiures font partie de l’ordre des echinodermes. Elles ressemblent aux étoiles de mer mis à part le fait qu’elles sont moins colorées et possèdent des pattes plus fines et plus longues.

Ce sont des animaux essentiellement nocturnes qui se nourrissent de restes alimentaires, cadavres et féces de poissons.

On peut trouver plusieurs espèces mais il faut éviter celles qui possèdent des poils. En effet elles sont souvent carnivores et risquent de s’attaquer aux petits poissons pendant leur sommeil.

Par contre les ophiures à pattes lisses, comme la superba par exemple, sont tout à fait indiquées dans un bac récifal.

En moyenne une ophiure coute, selon sa taille, entre 15 et 20 euro environ. On peut en prévoir une ou deux par tranche de 100 litres. Certaines espèces sont fouisseuses et nécessitent alors une couche de sable.

Escargots

Escargots d'un bac récifal

Autant les escargots sont souvent considérés comme des nuisibles en eau douce, autant ils sont indispensables en eau de mer.

En effet ils permettent de contenir la prolifération des algues qu’elles soient brunes ou vertes.

Les espèces ci-dessous sont celles que l’on rencontre fréquemment dans les bacs récifaux :

  • Trochus
  • Astreas
  • Stomatelles
  • Turbos

Leur prix varie entre 2,5 et 5 euro. Prévoyez d’en mettre au moins un par tranche de 10 litres d’eau. Si les conditions leurs conviennent vous les verrez se reproduire.

Autres petite bêtes récifal

Je vais citer ici quelques petites bestioles, plus ou moins sympathiques, qui peuvent se montrer utiles dans un bac récifal.

Les limaces des mer par exemple sont de formidables mangeuses d’algues. Par contre leur taille et leur fragilité en fait des proies idéales pour les pompes de brassage.

C’est pour cela qu’il faut protéger les crépines avec de la mousse ou privilégier des espèces plus grosses comme les lièvres de mer (dolabella sp).

Concernant les crabes, il faut se méfier car beaucoup sont prédateurs. On trouve d’ailleurs peu d’espèces de crabes en vente mais certaines peuvent cohabiter avec les coraux.

Les crabes mythrax par exemple sont réputés manger les valonias (algues bulleuses). Dans la pratique ils empechent la prolifération des algues mais ne sont pas d’une super efficacité.

D’autres crabes comme les crabes-trapeze et les crabes boxeurs vivent en symbiose avec des coraux pour les premiers, et des anémones pour les seconds.

Les oursins sont également de bons alguivores mais ils se nourrissent également d’algues calcaires (coraline).

Certaines espèces comme les oursins diadème sont interdits de récifal car ils dévastent tout le décor avec leurs piquants qui peuvent faire plus de 20 cm!

Eventuellement de petits oursins à piquants courts peuvent être introduits dans le bac. N’oubliez pas qu’il ne faut sous aucun pretexte les sortir de l’eau car l’air ambiant peut leur être néfaste.

Enfin je terminerai, il faut bien terminer car le sujet est vaste et le nombre des détritivores infinis, par les holoturies ou concombre des mers.

Il s’agit d’invertébrés en forme de concombre (ou de cornichons pour les plus petits) qui se nourrissent essentiellement en filtrant le sable.

Parmi les espèces que l’on peut trouver dans les boutiques il y en a de très jolies (roses, noires, vertes…).

Le seul inconvénient de l’holoturie est que lorsqu’elle meurt elle libère des toxines qui peuvent être fatales aux autres habitants du bac. A utiliser avec modération.

Introduction des détritivores dans le bac

Tous les invertébrés cités nécessitent des conditions de maintenance correctes et doivent être introduits dans le bac après le pic de nitrites et de nitrates.

Leur acclimatation doit se faire de manière rigoureuse en laissant le sachet tremper dans le bac et en ajoutant au goutte à goutte de l’eau du bac afin de leur laisser le temps de s’habituer aux paramètres physico-chimiques de votre bac.

Les crevettes, les ophiures et les escargots sont sensibles aux changements de densité et de PH et une variation brutale peut leur être fatale.

Tout comme les coraux, ces animaux nécessitent du calcium, du magnésium, de l’iode et du strontium. Ces substances sont nécessaires à la formation de leur squelette (mue pour les crustacés et formation de la coquille pour les escargots).

Introduits après la phase de démarrage du bac ils contribueront à sa stabilisation. De plus, vous serez vite attaché à ces petites bêtes !

Enfin, si vous trouvez qu’ils font du bon travail, vous pourrez les laisser se délecter d’un morceau de moule que vous placerez au fond du bac.

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