La reproduction du Corydoras paleatus

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Ici, juste mes quelques observations et ma petite histoire dans la reproduction de ce Corydoras très répandu et facile à faire reproduire.

Introduction

Dans sa famille, le Corydoras paleatus est un des membres le plus facile à faire reproduire. On le voit un peu partout dans les magasins. Il est très en vente parce qu’il est moins peureux que ses congénères et extrêmement actif sur le sol d’un aquarium.

Un petit « banc » de six individus fait déjà de lui une « machine » à retourner le moindre cm2 de votre sol. Bien sûr, cela dépend du diamètre du matériau qui compose le sol.

Personnellement, j’ai toujours utilisé du sable du Rhin en dernière couche, et c’est un vrai petit bonheur que de voir mes corydoras se plonger presque la moitié de la tête dans le sable.

Les reproducteurs

Le mâle, plus fin. Le corps fuselé est moins haut que celui de la femelle, mais il possède une dorsale bien plus imposante.

Le mâle

La femelle. Plus imposante que le mâle, elle fait 1, voir même 2 cm de plus en longueur. Son corps fuselé est bien plus « gros » que celui du mâle au niveau de la dorsale, notamment en période de fraie.

La femelle

Préparation

Je possède des petits bacs de 40 L. Fiultration sous sable + quartzite pour éviter une colmatage trop rapide du sol. Quelques plantes y ont été disposées afin de rendre l’endroit plus « agréable ».

Le bac est chauffé à 25° , à la même température que le bac d’ensemble d’où j’ai attrapé un mâle et une femelle.

La lumière se compose d’une simple ampoule de 25w.

La qualité de l’eau est identique à celle du bac d’ensemble. Celle-ci n’a pas vraiment d’importance, étant donné que le paleatus y est reproduit « en masse » depuis de nombreuses années. Ils s’acclimatent donc parfaitement aux différents paramètres, pour autant que ceux-ci ne soient pas excessifs.

Conditions de mon eau : Gh7 ; Kh4 ; Ph7. Très peu de nitrate, et le bac ayant déjà eu des occupants, est donc parfaitement rôdé. Les nitrates sont pratiquement absents : j’ai effectué deux gros changements d’eau peu avant la venue du couple.

Provocation du frai

Le lendemain de l’introduction de la femelle et du mâle, le matin, je monte un peu la température du bac à 27°.

Je ne les nourris pas le matin. Le soir, je les nourris juste un peu. Le lendemain matin, j’effectue un changement de 30% du volume d’eau avec une eau légèrement plus fraîche que la température du bac. Je me retrouve donc à une température d’environ 24/25°. Alors, je nourris normalement. Le mâle court déjà après la femelle, mais celle-ci n’est pas encore prête.

Le mâle court déjà après la femelle

Après quelques jours, la femelle est gravide ( on les reconnaît à un léger embonpoint ). Cependant, elle peut, parfois, gonfler comme une balle de ping-pong ; )).

P.S. C’est une femelle de ce type que j’ai introduit avec le mâle, bien qu’elle ne soit pas si « grosse » que certaines.

Le mâle est toujours un courtisan acharné, et frétille devant les barbillons de la femelle. Au bout d’une journée, la femelle commence à pondre. Elle se place légèrement de côté pour pondre quelques œufs (généralement 3 ou 4 ) entre ses nageoires pelviennes. Le mâle s’est placé devant elle afin de lui donner son sperme. La femelle provoque le mâle de ses barbillons et fait voyager le sperme vers ses nageoires pelviennes : il y vient alors féconder les œufs.

Provocation du frai Provocation du frai (2)

Lorsque les œufs sont fécondés, la femelle part à la recherche d’un endroit pour les y déposer. Elle les tient « pincés » entre ses nageoires pelviennes.

En se baladant, elle recherche souvent un endroit lisse, propre, comme par exemple, la vitre du bac, ou derrière une plante ou , à défaut, devant, mais proche de la surface.

Elle peut les déposer n’importe où, mais cela s’avère souvent laborieux pour elle, car le mâle la poursuit toujours frénétiquement. Elle va examiner plusieurs endroits, et finalement, en nettoyer un avec ses barbillons. Puis, elle va plaquer son ventre contre l’endroit choisi, et , par de petits frétillement nerveux, elle ouvre ses nageoires pelviennes pour que les œufs se collent sur l’objet choisi. Les œufs, très collants, tiennent à peu près n’importe où : vitres, roches, feuilles de plantes, etc…

Ici, elle en tient deux que l’on distingue grâce à la transparence de ses nageoires pelviennes.

les œufs se collent sur l’objet

Les oeufs

l’incubation

Chez moi, l’incubation des œufs a duré environ 48 heures. Cela dépend de la température : j’avais 26°

Au début, les œufs sont blancs. Ils deviennent d’un blanc opaque lorsqu’ils n’ont pas été fécondés. Des escargots peuvent se charger de les manger, tels les planorbes. Cependant, je déconseille d’autres types d’escargots : ces derniers pourraient s’en prendre aux œufs fécondés.

Les œufs non fécondés prennent très vite une couleur brun-clair. Quand les escargots sont passés par là, il n’en reste que les poches brunâtres.

l’incubation

Au bout d’une trentaine d’heures, on peut distinguer une tache noire au milieu des œufs. L’embryon se développe très vite. Pas de précautions particulières à prendre durant cette période, si ce n’est celle de vérifier pour que aucun prédateur ne vienne attaquer les œufs (escargots autres que planorbes, etc…). Dans un bac d’ensemble, il risque fort de n’en rester que très peu. Les alevins seront dévorés sans pitié par la suite. Botia et quelques autres poissons, tels que les scalaires, raffolent de ces œufs.

Dans mon bac d’ensemble, il arrivait souvent que les scalaires pourchassent inlassablement la femelle corydoras portant ses œufs. Les scalaires ont même , par la suite , affûté leurs techniques : ils n’avaient plus qu’à se mettre en travers du chemin des corydoras et leur piquer la dorsale ou les pelviennes afin de leur faire lâcher leurs œufs, ce qui finissait souvent par porter ses fruits.

Quelques photos d’œufs (après une trentaine d’heures).

Les oeufs Les oeufs (2)

Naissance

Le troisième jour, je me lève de bon matin pour plonger sur les œufs, et oh miracle!, il ne reste plus que les poches. Je cherche, et mes yeux tombent sur de minuscules virgules qui ne savent pas encore nager. Il faut aussi noter que les alevins se déplacent parfois par de petits bons.

Naissance

Pour le moment, toujours rien à faire : les alevins doivent d’abord avoir consommé leur sac vitellin avant de chercher à manger.

Alevins – 2ième jours

Les alevins n’ont pas encore tout à fait résorbé leur sac vitellin. Déjà, je commence à pouvoir distinguer une pigmentation, surtout au niveau de la tête et sur le dos de la queue.

Alevins - 2ième jours

Les « gravillons » que l’on distingue, sont, en fait, du sable du Rhin. C’est le sable le plus fin que j’aie jamais eu. C’est pourquoi je le préfère souvent au quartzite, plus gros, et il donne un effet plus naturel.

Ces grains mesurent plus ou moins 1 cm. Il est composé aussi de coquilles provenant de très petits crustacés d’eau douce broyés. C’est un sable employé dans l’industrie de la construction.

Les alevins font environ ¾ mm de long.

Alevins ; 10e jours

Les alevins mesurent maintenant dans les 5 mm de long. Je les nourris depuis que je n’ai plus distingué de sacs vitellins.

Ils se sont mis à nager , un tout petit peu du moins, au bout du 3e à 4e jour, le tout dépendant du développement de chacun.

Leur menu maintenant consiste tout bêtement en des palettes broyées menu, menu. J’en prends une pincée que je plonge dans l’eau afin qu’elle soit gorgée d’eau, et je la libère en l’écrasant un peu entre mes doigts. Ainsi, cette fine poudre descend au fond, et est à la portée des alevins.

Alevins ; 10e jours Alevins ; 10e jours (2)

La suite …

Je n’ai pu malheureusement continuer à faire des photos.

Les alevins ont grandi assez vite. À 20 jours, ils fouillaient déjà le sol, comme le font leurs parents. Je n’ai pas eu de problèmes particuliers à noter. Cette espèce est vraiment facile à faire reproduire. Les femelles Corydoras se mettent souvent à pondre dans un bac d’ensemble. À un mois, les alevins mesuraient environ 1 cm de long. C’est là que j’ai pu voir que j’en avais beaucoup 😀 Car, quand ils sont tout petits, on ne se rend pas bien compte du nombre.

Je n’ai eu que très peu de pertes, et pratiquement pas de malformations. Les changements d’eau se sont déroulés aussi sans problèmes et se sont faits comme pour le bac d’ensemble, c’est à dire 10% par semaine. Les planorbes passent l’aspirateur lorsque je mets trop à manger, et j’ai pu, ainsi, maintenir au mieux un bon équilibre dans le bac. Même chose pour les non-viables : ce sont les planorbes qui ont fait le nettoyage. Je n’aurai pas eu à aspirer le fond du bac. Il était assez grand pour ne pas être pollué outre mesure.

Petite conclusion

Voilà trois mois que j’ai mes petits corydoras paleatus. Ils sont en pleine forme et très actifs. J’ai pu en mettre dans le bac, ce bac que j’ai récupéré lors de mon déménagement. Mon frangin a gardé de ces poissons dans le bac d’ensemble (là où je les avais tous mis, au départ). Mais il s’est avéré que, d’une telle quantité de poissons ( j’en ai gardé près de cinquante en tout), une vingtaine d’un bac se sont fait dévorer par les barbus de Sumatra, alors même qu’ils mesuraient déjà 1 cm. Les barbus sont vifs et intrépides… snif! Six autres ont atterri dans le bac que je possède toujours depuis mon déménagement.

Il en restait vingt-quatre dans le bac d’ensemble. Ça faisait beaucoup de pollution, car, avec ce nombre, ça remue le sol dans tous les sens, et ça fait des crottes partout. Mon frangin en a donné sept à mon ancien voisin, sept autres attendent un futur propriétaire dans un petit bac. Quatre sont partis dans le bac de ma mère.

J’avais déjà eu l’occasion, il y a très longtemps, de faire se reproduire cette espèce. Je n’avais eu que peu de réussites : les bacs de reproduction étaient des 15 L.

Si vous ne parvenez pas, de cette manière, à obtenir un frai, il est toujours possible d’augmenter vos chances en nourrissant les géniteurs avec de la nourriture vivante. Le corydoras raffolent des vers de vase bien vivants.

Observez et choisissez la plus grosse femelle de votre bac d’ensemble : ainsi vous augmenterez encore vos chances de ponte.

Pour les puristes, il existe , dans le commerce aquariophile, bien des sortes de nourriture vivante. Les nauplies d’artémia conviennent parfaitement, une fois qu’ils sont parvenus à l’âge d’une semaine.

D’autres techniques de nourrissage existent, telles que les jaunes d’œufs cuits et moulus : cela, cependant, pollue énormément l’eau. J’ai préféré m’en tenir à des paillettes réduites en poudre, mais assez pauvres en protéines. De la poudre pour alevins existe dans le commerce : elle est très riche au niveau des protéines.

Voilà, c’est fini… Mes corydoras paleatus mesurent actuellement presque 2 cm de long. La croissance est assez lente, mais leur longévité se situe entre cinq et plus de dix ans, suivant les conditions d’entretien. Au bout de huit à douze mois, ils doivent être aptes à se reproduire.

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