L’installation d’un aquarium

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Les allusions à peine voilées que vous avez lancées dans les jours qui précédaient Noël ou votre anniversaire ont porté leurs fruits et c’est avec une surprise feinte que vous vous émerveillez en déballant le paquet.

Cet aquarium, d’une contenance suffisante pour vous permettre enfin de vous adonner sérieusement à votre passion, est finalement entre vos mains.

Avant de se lancer dans l’aventure, tout aquariophile doit savoir se plier à deux préceptes qui conditionnent sa passion.

Dans ce domaine encore plus que dans bien d’autres la précipitation est toujours néfaste, autant pour l’aquarium proprement dit que pour ses habitants, et par la force des choses pour le porte-monnaie.

Seconde règle : toute petite économie entraîne immanquablement de grosses dépenses destinées à réparer les chipotages mesquins.

L'installation d'un aquarium

Choisir le support

Solidité

Le support doit lui aussi être capable de résister au poids de l’aquarium sans faiblir. Les meubles vendus avec les bacs tout équipés sont spécialement conçus à cet effet.

De plus, face aux exigences du marché les fabricants ont revu les lignes de leurs produits pour diversifier les gammes et proposer des lignes qui s’intègrent à tous les types d’intérieurs.

Détourner de son usage premier un élément de mobilier conçu à l’origine pour une toute autre utilisation peut être à l’origine de catastrophes sans quelques précautions préalables. La solidité du plateau ainsi que celle des pieds doit toujours être éprouvée.

Les plus bricoleurs ou ceux qui souhaitent réaliser eux-mêmes des cuves sur mesure, peuvent envisager la réalisation de supports artisanaux faits d’une armature en tubes métalliques soudés.

Dans tous les cas, la table doit toujours être d’une longueur équivalente à celle l’aquarium, voire plus grande, pour une raison évidente de répartition du poids. Dans le cas contraire, il est impératif de placer une planche sous la cuve, faite d’un matériau résistant et découpée aux dimensions de cette dernière.

Il est alors fort judicieux d’utiliser à cet effet du contre-plaqué marin de 2 à 2,5 cm d’épaisseur. En cas d’inondation ou de débordements, qui sont un jour ou l’autre le lot de tout aquarium, ce matériau conçu pour résister à l’eau ne risque pas en effet de faiblir sous l’effet de l’humidité.

Hauteur

La hauteur du support dépend de l’emplacement choisi. Les meubles proposés par les fabricants spécialisés sont conçus pour que l’aquarium soit à la hauteur des yeux d’un enfant debout ou d’un adulte en position assise.

Le salon ou le bureau sont donc des emplacements privilégiés, où l’observateur peut être confortablement installé dans un fauteuil. A l’inverse, un aquarium situé sur un lieu de passage devra être surélevé de manière à ce qu’un adulte puisse le contempler sans avoir à se courber exagérément.

Le confort visuel n’est pas le seul paramètre permettant de définir la bonne hauteur d’un aquarium. L’accessibilité est aussi un facteur prépondérant. Les travaux d’entretien d’un bac haut placé vont imposer l’utilisation d’une chaise ou d’un escabeau.

Les risques de chute, accentués par les éclaboussures qui rendent le sol glissant, ne sont alors pas à négliger.

Critères esthétiques

Tous les goûts étant dans la nature, le style du bac et de son support sont laissés à l’appréciation de chacun.

Il est cependant préférable que cet ensemble soit en harmonie avec le décor de la pièce. Un mobilier de style ancien s’accorde mal avec un support artisanal fait de tubes métalliques soudés et peints à la main.

Là encore l’anticipation est de rigueur, et il faut prévoir dans son budget « aquariophilie » une part consacrée à l’habillage du meuble si l’on souhaite le concevoir soi-même.

Choisir l’emplacement

Critères pratiques

Si la solidité des supports et planchers est primordiale pour le choix de l’emplacement d’un aquarium, d’autres facteurs sont aussi à prendre en considération.

Le mauvais exemple typique est celui de l’aquarium installé à proximité d’une fenêtre, tout particulièrement lorsque cette dernière est orientée au sud/sud-ouest. Les rayons du soleil qui frappent directement le bac vont occulter la luminosité de l’intérieur, incapable d’égaler celle de l’astre solaire.

Cet apport massif de lumière va de surcroît entraîner un développement incontrôlable d’algues, en particulier de type filamenteuse. Aucun remède ne peut alors venir à bout de cette invasion tant que les problèmes d’ensoleillement ne sont pas résolus. Seule la fermeture permanente des volets ou le déplacement du bac peuvent apporter une solution définitive.

Le voisinage avec une fenêtre risque également de faire subir aux poissons des variations thermiques néfastes, notamment entre la nuit et la journée.

La proximité d’un radiateur est également à proscrire, la température de l’aquarium pouvant dans ce cas devenir difficile à maîtriser.

La proximité d’une source de courant permettant l’alimentation des équipements électriques est bien évidemment indispensable. Il faut toutefois se garder de placer l’aquarium trop près d’une prise, pour limiter les risques de court-circuit en cas d’inondation.

L’emploi d’une prise multiple permettant d’accueillir tous les appareils peut s’avérer dangereux pour la même raison. L’idéal est de disposer d’une source de courant placée en hauteur et protégée des projections d’eau.

Le voisinage d’une arrivée et d’une évacuation d’eau facilite les opérations d’entretien, en permettant notamment de vidanger l’aquarium directement dans les canalisations d’eaux usées, à l’aide d’un tuyau.

Un dernier point consiste à s’assurer de la parfaite accessibilité du bac. A vouloir le placer trop près d’un mur, il devient parfois impossible de relever complètement le couvercle à charnière.

Certaines pièces ne devraient jamais accueillir d’aquarium, tout particulièrement les chambres à coucher. Même si la vision de ce paysage aquatique est considérée à juste titre comme relaxante, les bruits générés par les divers accessoires, et notamment les pompes, peuvent perturber le sommeil.

Critères esthétiques

L’aquarium est un pôle d’attraction essentiel projetant un spectacle permanent, il ne doit donc pas souffrir de la présence trop proche de ce concurrent redoutable qu’est le téléviseur, capable d’accaparer l’attention des observateurs.

Dans le même ordre d’idées, un aquarium employé pour séparer deux pièces devient souvent source de désagréments. Dans cette configuration le regard de l’observateur, qui ne bute sur aucun décor de fond, se porte en effet systématiquement au-delà de la glace arrière, dans la salle voisine.

De plus, la lumière provenant de cette même salle atténue la luminosité du bac et met en évidence les traces laissées sur les glaces et les particules en suspension dans l’eau. Une telle configuration n’est pas non plus du goût des poissons qui ne peuvent pas s’éclipser pour retrouver une certaine tranquillité après un stress passager.

Il faut également savoir rester sobre dans l’aménagement et ne pas mettre le paysage aquatique en compétition avec son environnement, en l’entourant par exemple d’un décor chargé constitué de pierres ou de plantes vertes.

L’installation

Poser un aquarium directement sur son support s’avère un exercice très périlleux, trop souvent synonyme de bris de glace et d’inondation.

Le fond de la cuve doit impérativement être isolé de toute surface rigide pouvant comporter des aspérités. Le moindre grain de quartz emprisonné entre la table et le verre peut devenir un point de rupture.

Cette saillie va en effet mettre la glace du fond en équilibre sur un appui de quelques millimètres carrés. Au moment du remplissage la sanction immédiate et instantanée est le bris du verre, que sa plasticité très limitée rend incapable de supporter une telle charge sur une surface aussi réduite.

Une plaque de polystyrène de 2 à 2,5 centimètres d’épaisseur, placée en tampon entre le verre et son support, permet de supprimer ce risque majeur. Ce matériau va en effet « absorber » les aspérités, qui vont s’y enfoncer plutôt que d’appuyer sur la glace.

Si à l’occasion d’une réfection la cuve est retirée, la plaque de polystyrène doit être changée car la compression qu’elle aura subie pendant une longue période lui aura fait perdre son pouvoir d’absorption.

Cet équipement est toujours prévu dans un bac complet acheté avec son support. La plaque de polystyrène est alors parfois remplacée par un fond absorbant en plastique thermoformé.

Il est toujours désagréable de constater que la ligne matérialisant la surface de l’eau n’est pas parallèle au bord supérieur de l’aquarium.

Pour éviter ce phénomène il faut s’assurer de l’horizontalité de l’ensemble, en s’aidant d’un niveau à bulle et d’un jeu de cales pour opérer le cas échéant un ajustement. Les pieds de certains supports sont munis de vis réglables, ce qui facilite l’opération.

Vérification et correction de l’assiette doivent impérativement être réalisées avant le remplissage car compte tenu du poids de l’eau il est impossible de soulever un bac plein. Ceux qui auront oublié ce conseil en seront quittes pour une vidange complète.

Choisir le volume

Avant d’acquérir un aquarium, il faut s’assurer que le modèle choisi arrivera jusqu’à son emplacement définitif sans difficultés.

Les obstacles comme les détours d’un couloir, une porte étroite, un escalier en colimaçon ou un ascenseur peuvent en effet être nombreux sur le chemin qui mène au bonheur.

L’espace doit être partout suffisant pour permettre une rotation du bac de 90 degrés dans le sens de sa longueur.

Déballer la cuve, qui aura été préalablement vérifiée devant le vendeur lors de son acquisition, signifie que son emplacement définitif a été soigneusement choisi et qu’il s’y intègre parfaitement, tant au niveau de ses dimensions que de son poids.

En effet, un aquarium plein pèse nettement plus que son volume extérieur ne le laisse supposer. Un litre d’eau pèse en effet 1 kilogramme et la densité moyenne d’un verre minéral de qualité courante avoisine 2,6 grammes par cm².

Si l’on ajoute à ces paramètres la masse des différents éléments du décor comme le sable, les roches ou les racines, ainsi que les accessoires techniques, il faut majorer la masse représentée par le volume d’eau de 40 à 50 %.

S’assurer de la solidité du sol

Ce petit calcul peut paraître fastidieux, mais il est indispensable pour évaluer la capacité du sol à subir les contraintes qui lui seront infligées.

La dalle de béton qui recouvre le rez-de-chaussée d’un immeuble récent est plus robuste qu’un parquet situé au quatrième étage d’un bâtiment ancien.

Les normes des constructions modernes imposent une résistance de 250 kg au m², ce qui permet de disposer sans soucis un aquarium de 400 litres.

Les marges de sécurité peuvent permettre l’installation de charges encore plus lourdes, à condition de s’entourer alors des conseils d’un architecte. Cette précaution permettra d’éviter un accident grave et d’innombrables démarches administratives voire juridiques en cas de problème.

En cas de doute ou si le budget ne permet pas les conseils avisés d’un expert, il faut savoir limiter ses ambitions et ne pas dépasser les limites de sécurité théoriques.

Dans tous les cas, il est souhaitable d’adosser l’aquarium à un mur porteur qui supportera ainsi une partie de la masse et permettra de s’autoriser quelques extravagances.

Le choix de l’emplacement dans un appartement ancien est souvent problématique. Il est en effet indispensable d’appuyer l’aquarium sur une poutre porteuse pour ne pas laisser un bac de 400 litres reposer uniquement sur les lames d’un vieux parquet

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