Conseils pour débuter avec les cichlidés nains sud américains

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Voici un article qui pourra vous servir de base pour bien débuter avec les cichlidés nains sud américains. Cet article n’est pas une bible, juste une trame sur laquelle vous pouvez vous baser pour éviter des erreurs déjà faites par grand nombre d’entre nous.

Les cichlidés nains sud américains

cichlidés nains sud américains

Ils sont des petits poissons d’origine sud américains .

En effet , ils comprennent un total d’environ 150 espèces, qui sont toutes facilement élevées dans l’aquarium.

De plus, ces attrayants petits poissons se caractérisent par un comportement merveilleuse, parce qu’ils sont petits et généralement assez pacifiques et aussi par ses diversités de couleurs. Ce qui montre la popularité de ces poissons chez les aquariophiles.

Le choix de l’espèce

Avant toute chose il convient de choisir une espèce adaptée en fonction de vos propres connaissances en aquariophilie, principalement pour ce qui est des paramètres physico-chimiques de l’eau.

Pour les personnes débutant réellement en aquariophile, voilà une petite liste des variétés abordables pour une première expérience (en cliquant sur les noms vous serez directement renvoyés vers les fiches poisson correspondantes) :

– Apistogramma cacatuoides
– Apistogramma agassizii
– Apistogramma borellii
– Apistogramma caetei

Pour ceux ayant déjà une certaine expérience en eau douce et acide, d’autres espèces des cichlidés nains sud américains peuvent être abordées sans problèmes majeurs:

– Apistogramma nijsenni
– Apistogramma panduro
– Apistogramma sp Vielfleck
– Apistogramma trifasciata
– Nannacara anomala
– Laetacara dorsigera

Un volume ou une surface au sol adapté

Pour éviter des ennuis et également des frais disproportionnés par rapport à l’espèce choisie, le choix du bac « idéal » est important.

Pour l’ensemble des poissons cités plus haut, un bac « standard » du commerce d’une soixantaine de litres conviendra parfaitement pour y loger un couple, voir un trio pour certaines espèces.

Pour la grande majorité des cichlidés nains sud américains, ceux ci étant inféodés au substrat, ce qui est le plus important n’est pas le volume du bac qui les accueuillera, mais la surface au sol de celui ci.

Un bac de soixante litres du commerce a en général les mensurations suivantes: 60(L) x 30(l) x 35(h) soit une surface de 1800 cm²

Si vous décidez de faire fabriquer (ou de fabriquer vous même) un bac aux dimensions vous arrangeant plus pour des raisons d’encombrement, une cuve de 45(L) x 45(l) x 30(h) fera parfaitement l’affaire avec ses 2025 cm².

Moi même j’utilise des cuves de 40x40x25 et ceci convient plutôt bien aux vues des résultats obtenus.

Une fois le volume ou la surface au sol choisi, voyons ce qui est nécessaire du point de vue de l’équipement.

Un chauffage de 50 watts suffira pour un bac de 60 litres ainsi que pour un bac 45x45x30 (qui fait à peu de choses près 60 litres lui aussi).

L’éclairage est une chose très peu importante dans notre cas car dans la majorité des milieux de vie naturels de nos amis les cichlidés nains sud américains la végétation aquatique est absente ou presque.

Il faudra donc veiller à ne pas transformer votre bac en luminaire, les apisto&co; aimant se sentir en sécurité, n’apprécieraient pas d’être rendu trop visibles.

Un tube fluorescent de 15 watts sera donc amplement suffisant pour votre bac, j’utilise moi même un seul tube fluo de 15 watts pour éclairer deux cuves de 40x40x25 posées côte à côte.

La filtration quant à elle doit surtout être pratique (pour ne pas avoir des heures de bricolage lorsqu’il est temps de la nettoyer) et ne pas provoquer un courant trop fort.

En effet, les apisto et & co vivant le plus souvent dans des marres stagnantes ou le long des rives des Rio (le débit est toujours le moins important au niveau des rives) il est préférable de « casser » le flux du rejet de la filtration, de manière a créer le moins de remous possible.

L’utilisation de petits filtres internes est la plus répandue. Il est utile dans ce cas de choisir un filtre dont le débit est réglable.

Voici un exemple de filtre interne, le meilleur rapport qualité prix que j’ai trouvé, disponible chez un site de VPC français,

De plus en plus utilisés, les petits exhausteurs fonctionnant à l’aide de pompes à air ou de surpresseurs sont également un très bon moyen d’assurer la filtration dans un bac de petit volume

Suivant la performance de la pompe à air vous pouvez brancher plusieurs exhausteurs et donc filtrer plusieurs bacs avec une puissance électrique consommée très basse.

Votre bac pourra également être équipé d’un thermomètre soit flottant soit à coller sur une vitre.

L’agencement (biotope) adapté à l’espèce

Biotope planté

Dans un premier temps il faudra disposer sur le fond du bac un couche de substrat d’environs 5 cm, de manière à ce que les plantes puisse y développer les racines.

L’usage de sable de Loire ainsi que de sable de quartz de faible granulométrie est fréquent, mais l’idéal reste la silice qui est très fine et très claire, et qui est en fait le substrat le plus répendu dans les milieux de vie naturels des apistogramma.

Ensuite il faudra choisir des plantes originaires d’Amérique du Sud, si possible, ainsi le biotope sera respecté même s’il est certain que des plantes asiatiques ne seront pas boudées par les poissons.

Personnellement je conseillerai l’usage de différentes variétés d’Echinodorus telles que les parviflorus, bleherii et les tenellus, ainsi que des variétés de Vallisneria, telles que les spiralis ou les americana.

Dans un tel bac, même planté, je ne rechigne pas à disposer une racine ou plusieures, qui peuvent elles même devenir le support d’un plan de Microsorium pteropus et de Vesicularia dubyana (cette dernière étant fortement conseillée pour les bacs de reproduction car elle est un excellent support pour les micro-organismes tels que les infusoires), même si ces deux plantes sont d’origine asiatique.

Il n’est pas interdit de disposer des feuilles de chêne dans un bac planté, ce seront toujours des cachettes supplémentaires.

Dernier chose qui peut prendre place dans le bac, une cachette adéquate pour accueuillir les pontes de vos poissons.

Vous avez à votre disposition une multitude d’objets qui peuvent faire le bonheur de vos poissons, tels que les hémicarpes de noix de coco, les pots de fleurs cassé, les igloo en terre cuite, les tubes de ponte pour Loricariidaes.

Par contre, il n’est pas obligatoire de mettre à disposition de vos poissons de telles choses, ils se satisfont souvent d’une grande feuille d’Echinodorus ou d’une racine de mangrove pour y déposer leur ponte.

Biotopes non plantés 

Grand nombre d’espèces de cichlidés nains vivent dans des biotopes presque dépourvus de végétation sub-aquatique.

Le plus souvent la seule verdure trouvée dans leurs milieux de vie est composée par les herbages poussant sur les berges des Rio, dont les feuilles pendent dans l’eau, et qui en periode de crues se retrouvent immergées.

Les berges sont souvent encombrées par une multitude de branchages chariés par le courrant, ceci fourni un habitat très sécurisant pour les apistogramma. Le substrat lui est souvent jonché de feuilles mortes qui elles procurent également une multitude de cachettes.

Suite à ces différentes observations voilà de quelle manière nous pouvons opérer pour créer un biotope ressemblant:

Pour commencer, toujours le substrat, mais en quantité moindre que pour un bac planté. Une couche d’1 ou 2cm est donc suffisante.

Vous pouvez ensuite disposer des roches (non calcaires) à votre guise, et des racines.

Si vous le souhaitez vous pouvez également utiliser des branches (de préférence de chêne et de bouleau) que vous aurez ramassé en forêt, si possible loin de cultures agricoles ou d’axes routiers, de manière à éviter de polluer votre bac avec les métaux lourd ou pesticides potentiellement présents.

Ces branches devront être ni trop « vertes » ni trop sèches. En effet du bois vert polluera votre eau en relachant toute la seive, à l’inverse du bois trop sec se décomposera trop vite une fois immergé.

Après avoir disposé ces branches vous pourrez parsemer le bac de feuilles de chêne à votre guise.

Vous pouvez bien évidemment introduire une ou deux plantes dans ce bac, les poissons ne les bouderont pas.

Les cachettes évoquées dans la description du biotope « planté » trouveront également leur place dans ce bac.

Les paramètres de l’eau

En guise d’introduction à ce paragraphe, vous pourrez aller faire un tour sur cet article qui énumère et explique quels sont les différentes eaux rencontrées en amérique du sud:

Suivant les paramètres exigés par l’espèce de votre choix, il vous faudra utiliser plus ou moins d’eau osmosée, si toutefois votre eau de conduite contient trop de minéraux.

Vous pouvez également utiliser 100% d’eau osmosée et reminéraliser celle ci à votre guise en utilisant des sels spécialement prévus à cet effet, mais c’est une méthode peu pratique et relativement coûteuse.

Une fois ceci fait il ne reste qu’a ajuster le pH.

Suivant l’acidité à atteindre, différents moyens peuvent vous aider dans ce point qui est souvent le plus redouté par les aquariophiles, mais n’ayez de craintes, tout ceci est relativement aisé à condition d’avoir un pHmètre fiable.

La tourbe noire et les fruits d’aulnes peuvent suffire à abaisser le pH jusqu’aux environs de 5 / 5.5

Par contre pour des pH plus extrêmes il vous faudra vous procurer de l’extrait d’écorce de chêne ou des produits tels que JBL aquatrop J.

Personnellement j’utilise l’extrait d’écorce de chêne vendu par la marque AMTRA (distribué en France par Challet Hérault). Ceci est un acide que j’ai mesuré avec mon pHmètre à pH 0, il faut donc le manipuler avec un minimum de précautions.

Il vous faudra également doser ce produit à l’extérieur du bac, dans le récipient vous servant pour les changements d’eau sous peine de « brûler » vos poissons avant que l’extrait de chêne ne soit dilué de manière homogène.

Pour stabiliser les pH bas il est recommandé de mettre environs 200 grammes de billes de tourbe noire dans un filet en nylon et de le disposer dans le bac, ou d’utiliser ces billes directement en substrat.

La tourbe possède en effet un pouvoir « tampon » qui vous évitera des ajustements perpétuels du pH qui pourraient à la longue s’avérer fatals pour vos poissons.

Si la maintenance de l’espèce que vous avez choisi nécessite une eau ambrée, la tourbe noire ainsi que les fruits d’aulne coloreront votre eau à souhait.

Les fruits d’aulne sont donc les fruit de l’aulne, un feuillu que vous trouverez à proximité de la majorité des petits cours d’eau européens.

La nourriture

Les cichlidés nains sud américains (qui sont strictement carnivores) acceptent presque tous les types de nourriture, tout dépend à quoi ils ont été habitués étant jeunes.

Les poissons sauvages ou issus d’élevages de particuliers nourrissant exclusivement avec des proies vivantes ou du congelé auront donc tendance à refuser les granulés ou autres flocons du commerce.

Les poissons d’animalerie quant à eux ont moins tendance à faire la fine bouche. Par contre, même s’ils acceptent les flocons et les granulés, c’est une nourriture à éviter, ça ne ressemble en rien à ce qu’ils peuvent trouver dans la nature.

Il est donc conseillé de leur administrer au minimum de la nourriture congelée, telle que des vers de vase (rouges, noirs ou blancs), des cyclops et des artémias.

Une nourriture variée évitera d’éventuelles carences.

En complément à cette nourriture congelée, des nauplies d’artémia très faciles à élever ou des daphnies, seront parfaites.

La régularité et l’importance des pontes dépendront de la richesse de la nourriture ingérée par vos protégés.

L’idéal est de pouvoir leur proposer régulièrement des proies vivantes dont un large choix s’offre à vous, comme les cyclops, les daphnies, les vers de vase, les artémias, etc.

L’entretien du bac

Le nettoyage de votre bac est une chose qui ne vous prendra pas beaucoup de temps puisqu’il s’agit d’un bac très faiblement peuplé étant donné que l’idéal dans un tel volume est de maintenir un couple ou trio, sans autres espèces, bien qu’il soit tout a fait possible de faire cohabiter un groupe de petits Corydoras (pygmaeus, hastatus ou habrosus) et (/ou) un banc de petits characidés tels que des Nannostomus ou des Hyphessobrycon amandae.

Pour maintenir une bonne hygiène dans votre bac, un changement d’eau de l’ordre de 10% par semaine semble être l’idéal, même s’il n’est pas très risqué de se satisfaire d’un changement de 20% une semaine sur deux.

A cette occasion un nettoyage des paroies internes des vitres et un siphonnage des déchets tombés au fond permettront de conserver l’aspect esthétique du bac.

Une fois par mois vous pouvez procéder à un rincage des masses filtrantes avec de l’eau « usée » issue du changement d’eau, ceci évitera l’accumulation trop importante de déchets organiques et évitera ainsi la montée des taux de certaines substances polluantes telles que les nitrates, phosphates et ammonium.

Conclusion

J’espère que ces quelques indications pourront vous aider à débuter sans encombres dans ce merveilleux petit monde qu’est celui des cichlidés nains sud américains.

Conseils pour débuter avec les cichlidés nains sud américains
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1 COMMENTAIRE

  1. Très bon article, cependant je ne suis pas tout à fait du même avis sur la nouritture : même s’il est vrai que la nouritture vivante, fraîche ou congelée est un ingrédient incontournable du succes de la maintenance de ces petits cichlidés, on peut très bien aussi en complément les nourrir avec des paillettes ou granulés, il existe des produits d’excelent facture qui no sont pas à proscrire.

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